La biométrie va transformer le transport aérien et l’"expérience passager"


​​​ Biométrie et transport aérien Dernière mise à jour le 26 aout 2017

L'arrivée de la biométrie est en train de transformer radicalement l' « expérience passager » en aéroport à la fois pour la rendre plus rapide, beaucoup moins stressante mais aussi plus sûre.

Dans ce dossier, nous verrons :

  • Quels sont les défis du transport aérien passager aujourd'hui
  • Pourquoi la biométrie est intimement liée à l'identité des personnes
  • Quelle biométrie est aujourd'hui la plus efficace pour l'authentification des passagers
  • Quels bénéfices nous pouvons en attendre.

Voici comment la biométrie - en particulier la reconnaissance faciale – alliée aux nouvelles solutions en  libre-service peuvent répondre aux défis de la sécurité, de la qualité de service et de la croissance soutenue du nombre de voyageurs aériens.

Des flux de voyageurs de plus en plus conséquents

Ces deux dernières décennies, de profonds bouleversements politiques et économiques ont changé les pratiques du voyage aérien.

Planifiés de longue date, les accords de Schengen (1995), puis l'élargissement de l'Europe (mai 2004) pour une meilleure fluidité au sein de l'Union, doivent aujourd'hui prendre en compte un contexte sécuritaire de plus en plus exigeant.

Les attentats de New York de 2001 ont été le prélude à une longue série de malveillances qui ont nécessité des contrôles passagers renforcés.

De leur côté, les organisations internationales (IATA, ACI, OACI) qui regroupent les instances gouvernementales et industrielles se réunissent régulièrement pour améliorer les normes et les procédures de contrôle.

Mais les directives initiées par un certain nombre de pays sur les données de voyages ( Advance Passenger Information ou API, et d'un autre côté les données des dossiers passagers ou en anglais PNR) ne seront efficaces que si l'on sait identifier les personnes suspectes dans les aéroports.

Sur un autre plan, le transport aérien s'impose comme un acteur clé de l'économie.

Déplacements professionnels et tourisme constituent une source de richesse et de création d'emplois. Plus le transport aérien sera simple et fluide, plus les visiteurs et « visités » en bénéficieront. Voir en particulier l'étude de 2015 de la Commission européenne du voyage  (ETC) à ce sujet.

Aussi les acteurs du secteur aérien (aéroports, compagnies aériennes, autorités nationale et internationales, industriels de la sécurité) se trouvent-ils confrontés à une triple exigence:

  • assurer la fluidité de voyageurs «fiables»
  • renforcer les contrôles de façon à parer à d'éventuelles menaces
  • maitriser les coûts.  

La reconnaissance faciale en première ligne

Les statistiques sont sans appel : il y a eu près de 4 milliards de passagers aériens en 2017 et plus du    d​ouble dans les vingt années à venir.

Expérience passager 

Des voyageurs pressés – voire stressés - plus soucieux de dépenser dans les boutiques duty-free que d'attendre pour déposer leurs bagages ou retirer chaussures et ceintures aux contrôles.

La biométrie va radicalement changer cette expérience.

Prenons par exemple la réponse conjointe de 2 grands acteurs: IER, spécialiste du développement de solutions libre-service à l'aéroport et Gemalto, leader de la sécurité numérique et des solutions biométriques d'identification.

Ils viennent de lancer Fly to Gate ; comprenez une « biométrie au service des passagers ».

Le concept est simple, le voyageur s'authentifie une fois pour toutes, soit sur son portable ou sa tablette bien avant le départ, soit à une borne dès l'arrivée à l'aéroport ou au comptoir.

Ensuite, plus besoin de passeport ou de carte d'embarquement !

C'est la biométrie voyageur (son visage) qui valide les différentes étapes : enregistrement, dépose bagage, contrôle sûreté, accès à bord de l'avion, etc… on peut même imaginer payer ses achats ou une collation en regardant simplement une caméra !

Mais rassurez-vous, un cadre légal strict est déjà en place pour la protection des données biométriques et il sera renforcé.

Protection des données biométriques

Finies les empreintes des sas d'ancienne génération ; souriez à votre portable ou une  borne d'enregistrement ! Ce relevé biométrique imparable vous suivra jusqu'au départ, et sans enfreindre le cadre règlementaire.

En Europe, la Directive sur la protection des données biométriques encadre rigoureusement ces pratiques. Hors de question d'enquêter sur la vie privée du passager ou ses déplacements professionnels sous peine de très coûteuses sanctions.

La biométrie est effacée dès le départ du vol ou éventuellement à son retour. Elle sert seulement de fil directeur lors des contrôles.

Biométrie data
La biométrie : Comment ça marche

La biométrie est h​istoriquement liée au contexte criminel. C'est Bertillon qui lui confère ses lettres de noblesse dès 1883 en prenant la tête du service photographique de la Préfecture de Police de Paris.

A cette époque, les forces de l'ordre arrêtent tous les jours à Paris une bonne centaine d'individus, qui changent de costume, coiffure, même de barbe pour déjouer les enquêtes.

Pourtant les fonctionnaires de police les photographient sous toutes les coutures; d'où des stocks de plusieurs dizaines de milliers de clichés sous des angles variés mais classés sans aucune logique ; un sympathique fouillis qui permet aux récidivistes de passer à travers les mailles du filet.

Le génie de Bertillon, c'est de poser les bases d'une véritable anthropométrie qui met le corps humain en coupe réglée : torse, tête, oreille, pied, etc… rien n'échappe à son regard avisé. Un travail titanesque qui permettre d'arrêter l'anarchiste Ravachol en 1892 par simple recoupement de photos.

La métrique de Bertillon est utilisée en France jusqu'en 1970 – et largement exportée auprès d'autres pays - avant d'être remplacée par le relevé d'empreintes digitales.

Depuis ces débuts, la biométrie a connu de considérables progrès.

En effet, tout individu réunit une somme de caractéristiques qui lui sont propres, qu'il s'agisse de son comportement ou d'une métrique de son corps. Dans la foulée de Bertillon, l'anthropométrie constitue aujourd'hui un gisement prometteur pour authentifier une personne: doigts, géométrie de la main, œil –iris et rétine - réseau veineux, voix, forme du visage, etc…

L'objectif, c'est de passer d'une biométrie intrusive – qui bloque temporairement l'individu – à une biométrie plus souple qui l'authentifie « à la volée» - « on the fly » pour les anglo-saxons - sans même le stopper par une caméra ou un capteur.

Bien entendu, les analyses biologiques, telles que l'ADN, constituent aussi des bases fiables et sans appel, mais le principe de « proportionnalité » de la Directive sur la protection de la vie privée restreint leur usage au domaine judiciaire.

Quoique fort prometteuse, l'analyse comportementale en est encore à ses débuts. Pourtant la gestuelle d'une signature ou la conduite d'un véhicule caractérisent sans ambigüité un individu ; mais leur mise en œuvre s'avère difficile dans un contexte de mobilité, tel que le voyage, le contrôle sûreté ou d'identité. 

La biométrie, indissociable de la question de l'identité

La biométrie au service de l'identification et de l'authentification

L'identification biométrique consiste à se présenter, comme dans le monde réel, physiquement ou à partir d'un document portant une mention d'état civil. Le destinataire peut stocker cette information par une prise de vue ou la stocker dans une base de données, si la législation le permet.

L'authentification met en œuvre une démarche plus sophistiquée. On demande à la personne de prouver qu'elle est bien celle qu'elle prétend. Il s'agit donc d'actionner une preuve ; le plus simple, c'est le code PIN, comme pour retirer du cash. Mais, si le contexte le justifie, la biométrie constitue un moyen imparable pour confirmer la ressemblance entre le postulant et une référence stockée en local ou à distance.

C'est le cas du «contrôle d'accès» qui permet de gérer les habilitations pour des sites industriels, ou les zones réservées d'aéroports.

C'est également la procédure mise en œuvre par les sas biométriques de contrôles frontières, les fameuses eGates PARAFE, dont Gemalto - en partenariat avec IER - s'est vu attribuer le marché par Paris Aéroport, suite à un appel d'offres très concurrentiel. 

Le stockage local, désigné en anglais par l'acronyme de MOC, Match On Card – consiste à  détenir son empreinte biométrique dans un support (carte, badge, jeton, etc..). Les autorités en charge de la protection de la vie privée (CNIL pour la France) sont très favorables à cette méthode qui évite de gérer des bases de données centralisées. Grâce au badge, chacun porte en lui son habilitation ; les temps de réponse sont réduits au minimum, vu que le postulant est confronté à sa propre biométrie.

C'est l'approche retenue par les sas biométriques des contrôles frontières ; le voyageur est authentifié par rapport à son passeport. En cas de perte ou de vol du précieux sésame – badge, passeport, carte - l'impétrant ne pourra plus s'authentifier.

Dans le jargon biométrique, on oppose le 1 :1 (Match On Card) à l'authentification 1 :N qui compare le relevé – visage, doigt, œil – avec une empreinte stockée dans une base locale ou distante. C'est le cas du système de gestion des visas Schengen (VIS) qui gère plusieurs millions de relevés biométriques de visiteurs soumis à visas lors de leur arrivée dans l'Union Européenne. 

Du KYC (Know Your Customer) au KYP (Know Your Passenger)

A l'image des banquiers à qui la règlementation demande de mieux connaître ses clients (KYC – Know Your Customer), les prestataires aéroportuaires découvrent aujourd'hui le formidable potentiel de la biométrie, qui dépasse largement les applications strictement sécuritaires.

Laissons de côté les préoccupations – très légitimes – de fraude à l'identité et de terrorisme, et intéressons-nous au voyageur, un sujet central dans ce monde d'objets connectés, suivant le concept à la mode.

L'idée, c'est de s'authentifier une fois pour toute sur son portable ou une borne d'aéroport !

Et la beauté de la chose, c'est de ne plus présenter de carte d'embarquement ou de titre d'identité !

IATA, l'association internationale des compagnies aériennes, soucieuse de rendre au voyage ses lettres de noblesse : confort, agrément, etc… - se fait le porte-parole du client, le passager dont elle revendique une expérience positive. Elle est à l'origine de ce concept novateur d'« identité unique » permettant de s'authentifier, non plus pour un voyage particulier, mais, une fois pour toute, pour l'ensemble des déplacements. La biométrie constituant le garant de l'identité grâce à une carte ou un jeton pouvant être utilisé dans tous les aéroports.

Toujours innovateurs en termes de technologies, les australiens ont même dépassé la proposition IATA en dématérialisant les passeports pour les stocker sur le nuage de façon à faciliter les voyages avec leurs voisins de Nouvelle Zélande. Un procédé tellement « dans l'air du temps » que l'OACI, agence des Nations Unies basée à Montréal, en charge des nouvelles règlementations du transport aérien, a créé aussitôt un groupe de travail consacré à l'identité numérique et la dématérialisation des passeports.

 

Expérience passager

Un parcours simplifié et sécurisé jusqu'au moment magique : « Bienvenue à bord !»

Le voyage de demain : libre-service de bout en bout grâce à la biométrie

L'expérience self-service, un must pour les voyageurs comme pour les opérateurs

Face à un trafic aérien toujours plus dense, les aéroports et compagnies aériennes ont déjà très largement opté au cours des 15 dernières années  pour le déploiement de dispositifs automatiques avec comme objectif le désengorgement des flux des passagers - très problématiques durant les heures de pointe - en simplifiant l'enregistrement.

Ces dispositifs, notamment les bornes d'enregistrement automatiques ou dépose bagages automatisées ont révolutionné le processus d'enregistrement, permettant aux voyageurs pressés de procéder eux-mêmes à leur enregistrement et réduisant par la même occasion le temps d'attente aux traditionnels guichets de 30%.

Des études montrent que le taux de satisfaction des passagers est d'ailleurs autant plus élevé que l'utilisation de la technologie est accessible et permet d'améliorer le parcours au sein de l'aéroport.

1000 millions de passeports électroniques en circulation​​

Toutes ces initiatives vont aujourd'hui dans le sens d'une automatisation des procédures de contrôle.

Le voyageur, véritable expert en termes de technologies, passe son temps à surfer sur le web pour chercher un cours de bourse, vérifier un mail ou le temps du lendemain.

Alors, réserver son voyage, s'enregistrer, et embarquer, tout en souriant à l'application biométrique de son téléphone ; tout cela devient un jeu d'enfant et notre voyageur s'étonne maintenant de faire la queue pour passer une frontière ou embarquer.

 

1000 millions de passeports électroniques sont aujourd'hui en service dans le monde et donc aussi 1 milliard de portraits normalisés accessible par les systèmes de reconnaissance faciale ; alors vivement des eGates pour passer toutes les frontières !

C'est aujourd'hui la solution biométrique la plus prometteuse et déjà mise en place dans un nombre grandissant d'aéroports.

Qu'il utilise les sas de l'aéroport ou son portable, le voyageur devient aujourd'hui conscient qu'il véhicule avec lui sa biométrie qui, dans la mesure où IATA le classe comme une personne de « bonne foi » lui confère des privilèges. Alors, que son passeport soit stocké dans le nuage ou au fond de sa poche, il entend bien que les portes s'ouvrent largement devant lui et se faire plaisir quand il voyage.

Le parcours biométrique : qu'en attendre ?

Les récentes études ont confirmé des pourcentages de l'ordre de 80% de gain de temps sur le parcours grâce à des procédures automatisées. Bien entendu, au profit de boutiques et lieux de restauration qui génèrent plus de la moitié des revenus des aéroports !

Parcours biométrique
Sans compter les économies de personnel !

En effet, dépose bagage, contrôle des passeports et embarquement nécessitent des équipes dédiées qui pourraient être très avantageusement remplacées par des simples « superviseurs » en charge de veiller au bon fonctionnement d'une batterie d'équipements ou aider un passager novice.

Pour en savoir plus sur le parcours voyageur de demain

Avec ce concept de « Fly to Gate », IER et Gemalto se positionnent comme les pionniers de multiples services innovants qui vont faciliter la vie des voyageurs sans baisser le niveau des contrôles et la sûreté en aéroport.

Pour en savoir plus sur notre solution de parcours automatisé, consultez la page Fly to Gate

N'hésitez pas à nous contacter également.​​