Les secours routiers en appel


​​​​Le Japon adopte une initiative de télématique européenne pionnière.
[Articlepublié dans The Review (Feb. 2013)]

Un système paneuropéen d’appel d’urgence automatique visant à apporter une assistance rapide aux véhicules impliqués dans un accident de la circulation, a suscité l’intérêt de l’industrie automobile japonaise.

Dans le monde, les accidents de la route tuent chaque année environ 1,3 million de personnes et font jusqu’à 50 millions de blessés. Les conséquences humaines et économiques de ces tragédies sont colossales. D’après les estimations, ces accidents coûtent chaque année aux nations entre 1 % et 3 % de leur produit national brut, principalement en raison des frais de soins des victimes et d'une perte de productivité.

Télématique européenne

De nombreux gouvernements ont tenté d’introduire des mesures de sécurité routière afin de réduire le nombre d’accidents, la majorité de ces initiatives tendant uniquement à améliorer l’infrastructure routière. Le Japon, par exemple, a réduit de 25 % le nom​bre de tués et de blessés entre les années 1970 et 2008 en améliorant l’éclairage public, les trottoirs et la fluidité du trafic aux intersections.

Partout dans le monde, les gouvernements se rendent désormais compte des possibilités offertes par la technologie en matière de sécurité routière. L’Union européenne a été précurseur dans ce domaine, mais nul doute qu’un problème universel exige une solution universelle.

En 2009, l’Union européenne a lancé l’initiative eCall, un système paneuropéen d’appel d’urgence automatique, basé sur la technologie M2M (machine-to-machine) et visant à apporter une assistance rapide aux véhicules impliqués dans un accident de la circulation. En cas d’accident grave, le véhicule équipé du système eCall compose automatiquement le 112 (le numéro d’urgence européen) et signale aux opérateurs du centre d’urgence toutes les informations nécessaires à l’intervention, telles que les coordonnées GPS, l’heure de l’accident et le numéro d’immatriculation du véhicule impliqué.

Les opérateurs peuvent alors déployer les secours en fonction de la gravité de l’accident, améliorant ainsi la rapidité d’intervention de 40 % en zone urbaine et de près de 50 % en zone rurale.

En permettant à des équipes médicales, qualifiées et parfaitement équipées, de se rendre sur le lieu de l’accident dans la première heure cruciale, le système eCall pourrait sauver chaque année en Europe quelque 2 500 vies et réduire la gravité des blessures de 10 à 15 %..

Les craintes initiales sur la protection des données et le coût potentiellement prohibitif de mise en œuvre du système se sont avérées sans fondement. Le système eCall ne s’activant qu’en cas d’accident, il ne peut servir au suivi des véhicules, et comme la technologie M2M est déjà bien développée, le déploiement du système eCall à l’échelle européenne ne devrait pas coûter plus de 100 € par véhicule au stade fabrication. La Commission européenne a donc décidé que tous les véhicules neufs devraient être équipés du système eCall d’ici 2015.

Les avantages incontestables de cette solution ont éveillé l’attention du Japon. En janvier dernier, Gemalto, Yokosuka Telecom Research Park, Fujitsu Ten et ERTICO ont inauguré le premier centre d’essai eCall japonais, fruit d’une collaboration étroite entre les développeurs des différentes entreprises. Ce tout premier centre d’appels d’urgence établi en dehors de l’Europe permettra aux constructeurs automobiles japonais de tester dans leur pays des solutions destinées au marché européen, offrant à tous des gains de temps et d’argent ainsi qu’un nouvel élan pour cette solution qui pourrait bientôt devenir une pratique courante partout dans le monde

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 Etude de cas (en anglais)